© Gilles Porte
Bernard Chambaz
Bernard Chambaz est né à Boulogne-Billancourt en 1949.
Agrégé d’histoire et de lettres, il enseigne cette discipline de nombreuses années au lycée Louis-le-Grand. Il est perçu auprès d’un large public comme poète et auteur de proses narratives et documentaires.
Son projet poétique est le fruit de nombreux voyages, au cours desquels il mobilise de départs en retours son regard d’historien, de passionné de sport, de peinture et d’humaniste.
Dès ses débuts (1978 : Histoire de l’indigo et du ponant ; 1980 Opaques et gisements ; 1983 : & le plus grand poème par-dessus bord jeté) le poème et la peinture se fondent (on y trouve la Renaissance italienne et Nicolas de Staël, entre autres) dans une écriture minimale et précise, naturelle dans les besoins de la coupe. Le lyrisme éclot réinventé, scruté, tenu pour dire comment vivent les hommes.
Parallèlement, son travail de fiction et de prose répond lui-aussi à ce mouvement du texte soumis à l’épreuve du réel, à l’expérience d’un lieu, d’une forme, d’un sentiment.
L’usage du vers libre est densifié jusqu’aux deux volumes d’Eté parus chez Flammarion en 2005 et 2010 : chants numérotés et ininterrompus d’une épopée intime, brassant la matière d’une vie dans toutes ses strates, à commencer par le drame et la mort de son fils. Cet ancrage biographique, où le quotidien répond à l’innommable, au deuil, au temps qui court et qui passe, rappelle ceux qui sont passés, ou ont disparu. La tonalité mélancolique du chant dit aussi, quand il s’appuie sur des grandes figures qui le guident (Pétrarque, Khlebnikov, Yves Bonnefoy), la beauté fuyante du présent – le paysage et ses miracles infimes, ses illuminations fugaces, dans les méandres de l’Histoire et de la vie.
De l’héritage des grands auteurs classiques à la modernité poétique (Cendrars, Maïakovski) qui figurent comme les ombres accueillantes et traversent en soutien son oeuvre, on peut noter en outre l’empreinte prosodique et thématique de figures de la poésie américaine ( William Carlos Williams, Charles Olson, Robert Duncan) et le compagnonnage d’esprit des poètes contemporains qui sont ses pairs en écriture ( Michel Deguy, Bernard Collin, Mathieu Bénézet, Dominique Fourcade, Jean-Claude Schneider).
Bernard Chambaz est aussi l’auteur d’un nombre important de romans et d’essais sur le sport et la peinture parmi lesquels on peut citer Le Principe Renaissance ( La Sétérée, 1987), Autoportrait sous les arbres (Flohic, 2001) et Dernières nouvelles du martin-pêcheur (Flammarion, 2014). On retrouve ses considérations et vues sur la littérature sur son blog http://limproviste.match.cnrs.fr qu’il anime avec son fils, Antoine Chambaz.
Bibliographie choisie :
Sans savoir où la luge s’arrêtera, Julliard, 2024.
E bientôt muet, Flammarion, 2022 (Prix Paul-Verlaine de l’Académie française, 2023)
Été II, Flammarion, coll. “Poésie”, 2010.
Eté, Flammarion, coll. “Poésie”, 2005.
& le plus grand poème par-dessus bord jeté, Seghers, 1983.
Histoire de l’indigo et du ponant, La Répétition, 1978.