7 mai 2021 – Dominique Quélen

Tu as regardé

Tu as regardé comme un chien. Les feuilles de retour agissaient dans leurs arbres où rien ne te voulait malgré ton âge. Un haut d’escalier valant hauteur et largeur était à dévaler, tu y poussais comme une ortie. Ce qu’on donnait pour masque ou serviette était le corps même, le sol un genre de drap jusqu’à la chambre. Cette chambre ou une autre est l’enveloppe où, soit mort soit conservé, on atteint le froid du langage en sa nature, disant en quelques gestes le pourquoi, une seule image énorme les résumant toutes par son immobilité. Le corps, quand c’est une partie qui remonte, un chien du passé le conserve avec lui, visible dans son aspect général. Au sortir de la serviette humide et froide il n’y a rien. Ce dont la voix tremblait se raffermit. Tu dévales en avançant d’un pas. Une chape normale, sous tes pieds, s’incline dans toutes les directions.

Texte inédit.

Dominique Quélen est né en 1962 dans un milieu ouvrier, à Vitry-sur-Seine. Puis il a été prof en lycée dans le Nord. Sa poésie, souvent organisée en séries, mêle les contraintes formelles et les dysfonctionnements du corps, avec un intérêt marqué pour le vide (qui ne l’est jamais) et le rien (qui est quelque chose). Ses collaborations avec des musiciens vont de la toy music à l’opéra de chambre en passant par la musique improvisée.

Ses dernières publications : La gestion des espaces communs (Lanskine), Revers (Flammarion), Avers (Louise Bottu), Éléments de langage (publie.net)….

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